Santé mobile et connectée : usages, attitudes et attentes des malades chroniques

Communiqué de presse

 21,5 % des malades chroniques ont déjà téléchargé une application mobile de santé

Santé mobile et connectée : usages, attitudes et attentes des malades chroniques • enquête Le Lab e-Santé, juin 2015*

Paris, le 3 juin 2015 • Alors que la santé mobile et connectée est souvent présentée comme une chance pour le système de santé et la prise en charge des malades chroniques, l’association Le Lab e-Santé s’est penché sur la réalité du vécu des personnes touchées par le diabète, une maladie rhumatismale inflammatoire, une sclérodermie, le psoriasis ou encore l’hypertension. Objectif : passer de l’autre côté du miroir des objets connectés et des applications mobiles de santé et définir les bonnes pratiques de demain.

Sante-mobile-et-connecteeLes malades chroniques… des mobinautes santé ?

Premier point, les malades chroniques sont prêts à entrer dans la santé connectée… tout du moins en terme d’équipement. De fait, 71 % d’entre eux sont possesseurs d’un smartphone ou d’une tablette. De plus, dans 3 cas sur 10, ils possèdent les deux. A noter que ce chiffre grimpe à plus de 4 sur 10 pour les personnes touchées par le diabète et que même les plus de 65 ans sont majoritairement équipés. Ainsi, 55 % des 65 à 79 ans et 34 % des 80 ans et plus détiennent un smartphone ou une tablette.

Mais être équipé ne signifient pas utiliser des applications mobiles de santé (ou mApps). Pour mémoire, seulement 36 % des Français possédant un smartphone ont déjà téléchargé une application mobile quelque soit son type (jeu, actualité, réseaux sociaux…)1. Ainsi, déjà plus de 2 malades chroniques sur 10 ont déjà téléchargé une application mobile de santé (34,7 % pour les personnes possédant à la fois un smartphone et une tablette).

Pour les personnes diabétiques, ce sont près de 6 / 10 d’entre elles qui ont déjà téléchargé une mApp.

A contrario, les personnes touchées par l’arthrose, les maladies de la thyroïde, l’hypertension, l’insuffisance rénale et les néphropathies ou encore la sclérodermie téléchargent, statistiquement parlant, moins de mApp que l’ensemble des malades chroniques (respectivement 11,1 %, 10,06 %, 12,6 %, 8,3 % et 11,7 %). Un phénomène où l’âge moyen des personnes touchées n’explique pas tout et où on ne peut que constater un réel déficit de l’offre en termes de solutions d’accompagnement mobiles et / ou connectées.

La méconnaissance, premier facteur de non téléchargement… 

… le médecin premier ambassadeur de la santé mobile et connectée

Au-delà de l’offre existante sur les différents stores de téléchargement (pas de mApp correspondant aux attentes – 14 % ou correspondant à la maladie – 5 %) et des causes liées à l’absence d’équipement (non possession d’un smartphone ou d’une tablette ou pas de connexion internet mobile) les raisons exprimées sont principalement : l’absence d’utilité (25 %), la complexité des applications (13 %) mais d’abord et avant tout la méconnaissance. De fait, 31 % des malades chroniques n’ayant pas téléchargé d’application de santé déclarent ne pas savoir ce que c’est.

Pourtant, pour ces mêmes personnes n’ayant pas téléchargé de mApp, elles seraient plus de la moitié (52 %) prêtes à en télécharger si leur médecin leur en conseillait une. 24 % si le conseil provient d’une autre personne touchée par la même maladie, 20 % si le conseil vient d’une association de patients ou d’un autre professionnel de santé que son médecin, 20 % si le conseil est issu d’un média (magazine, TV, internet…) et 14 % si ce conseil est dispensé par son pharmacien.

Pour Catherine Cerisey, Vice-Présidente du Lab e-Santé au titre du collège patients et Directrice associée de Patients & Web : “Cette étude, inédite de par son focus sur les personnes touchées par une maladie chronique, éclaire très concrètement les pratiques d’aujourd’hui. Ainsi, les diabétiques font figure d’ambassadeur de la santé mobile. Ils sont très largement équipés et utilisateurs d’applications mobiles de santé. De fait, alors que près de 6 personnes diabétiques sur 10 ont déjà téléchargé une mApp, elles ne sont que 15 % lorsqu’elles sont touchées par une autre maladie. Il est donc nécessaire de développer une offre adaptée en santé mobile et connectée afin d’accompagner au mieux la prise en charge de ces maladies”

Des usages très pragmatiques

Au Top 5 des mApps téléchargées par les malades figurent :

  1. les applications de type “carnet de suivi”
  2. les applications d’informations sur la maladie (utilisées par 39 % des malades chroniques ayant téléchargé des mApps et 60 % des personnes diabétiques ayant téléchargé des mApps),
  3. les applications sur les actualités liées à la maladie (26 %),
  4. celles liées à des objets connectés de santé (25 %) sont en quatrième position
  5. les bases de données sur les médicaments (22 %)

Si on regarde l’usage et non le téléchargement, le classement évolue vers encore plus de pragmatisme. Les applications les plus utiles au quotidien étant les plus utilisées :

  1. les carnets de suivi restent en première place (32 %) et ne perdent que 7 points (à noter : chez les personnes diabétiques où le taux de téléchargement de ce type de mApp était de 60 %, celui d’usage est de 50 %… peut-être faut-il faire encore plus simple et pratique ?),
  2. les applications d’informations sur la maladie (27 %) sont deuxièmes et reculent de 12 points,
  3. les applications sur l’actualité de la maladie (23 %) qui ne cèdent que 3 points,
  4. les applications pour les objets connectés sont toujours en quatrième position mais reculent de 7 points par rapport au téléchargement avec 18 % des malades chroniques ayant téléchargé des mApps qui utilisent réellement celles-ci.
  5. En dernière place de ce Top 5 de l’usage figurent donc les bases de données sur les médicaments (14 %). Et ce en toute logique, puisqu’il est exceptionnel de devoir s’en servir régulièrement.

Des malades chroniques utilisateurs… qui échangent avec leur médecin… et entre eux.

Plus de 4 malades chroniques sur 10 ayant téléchargé une mApp ont échangé sur ce sujet avec leur médecin. De plus, il s’agit d’échanges très concrets :

  • 23 % d’entre eux en ont parlé car c’est leur médecin qui leur a conseillé l’application
  • 11 % à l’inverse en ont parlé pour demander à leur médecin de tester l’application pour avoir son avis
  • 49 % en ont simplement parlé
  • mais surtout 51 % ont échangé avec leur médecin sur les mesures ou données recueillies via les mApps en les lui montrant !

Et ces échanges ne s’arrêtent pas à la porte du cabinet médical ou de l’hôpital puisque plus d’1 malade chronique sur 2 ayant téléchargé une mApp en a déjà parlé à un autre malade chronique.

Les applications mobiles de santé, un outil incontournable pour les malades chroniques en 2015 ?

60 % des malades chroniques utilisateurs de mApps déclarent en utiliser plus que d’autres car elles les aident à mieux gérer leur pathologie et 44 % d’entre eux parce qu’elles sont utiles pour leur santé.

Pour 4 malades chroniques sur 10 et pour 1 personne diabétique sur 2 utilisant des mApps, celles-ci sont devenues incontournables. De plus, le sentiment de confiance est partagé par 70 % des malades chroniques ayant téléchargé des mApps.

Pour Tatiana de Francqueville, Vice-Présidente du Lab e-Santé au titre du collège des éditeurs de contenus scientifiques et Directrice du marketing de Global Média Santé : “Cette confiance des malades chroniques utilisateurs de mApps est un point crucial. Il est nécessaire de la renforcer en développant des mApps toujours plus adaptées aux attentes des patients et en totale adéquation avec les pratiques médicales et l’Evidence Based Medicine. La confiance se créée difficilement et se perd vite. La gadgétisation en santé mobile et connectée est un risque majeur pour le développement de celle-ci mais aussi et avant tout pour la santé des utilisateurs”.

Au-delà des applications, les objets connectés de santé

Cette enquête sur les usages et les attentes des malades chroniques en termes de santé mobile ne pouvait faire l’impasse sur les objets connectés de santé et leur pratique. De fait, 1 malade chronique sur 10 possède d’ores et déjà un objet connecté de santé (mais déjà plus de 2 personnes diabétiques sur 10) :

  • 29,2 % un glucomètre connecté
  • 27,3 % un tracker d’activité
  • 13,6 % une balance connectée
  • 13,6% un auto-tensiomètre connecté
  • 10,6 % un stylo injecteur ou une pompe à insuline connectée
  • et 5,7 % un autre dispositif connecté

Dans 1 cas sur 2, il partage les données recueillies avec son médecin. Principalement en lui montrant l’écran de son smartphone ou de sa tablette (47,5 %), ou en lui adressant par e-mail (31,7 %).

Fait intéressant, 4 malades chroniques sur 10 ne possédant pas d’objet connecté de santé ont déclaré être prêts à en acheter un au cours de l’année. Dans ce cas, le tracker d’activité est le premier objet souhaité (30,8 %), suivi du glucomètre (22,8 %) et de l’auto-tensiomètre (18,4 %).

“A l’heure du Quantified Self, il semble que les patients, les malades chroniques soient en train de définir eux-mêmes les pratiques de santé de demain. Une pratique où la relation médecin-patient reste centrale. Les malades chroniques téléchargent des applications et utilisent des objets connectés de santé. Ils le font et souhaitent le faire dans le cadre de leur suivi de santé par leur médecin. Aujourd’hui, 4 malades chroniques sur 10 ayant un objet connecté de santé ont indiqué partager les données recueillies avec leur médecin. Demain, ce sont 9 malades chroniques sur 10, parmi ceux ayant l’intention d’en acheter un dans l’année, qui ont dit vouloir partager les données recueillies avec leur médecin” tient à préciser Laurent Mignon, Vice-Président du Lab
e-Santé au titre du collège des agences et prestataires de services et Directeur associé de LauMa communication.

 

La relation médecin-patient à l’heure de la santé mobile et connectée : une relation à construire

Pour le Dr Didier Mennecier, membre du collège des professionnels de santé du Lab e-Santé : “Les malades chroniques téléchargent des applications mobiles de santé et les utilisent surtout si elles permettent de les aider dans la prise en charge de leur maladie. Le médecin reste encore prudent mais c’est l’usage des applications mobiles par les patients qui va probablement permettre de créer une relation de confiance entre dorénavant ces trois acteurs”.

En conclusion, le Dr Vincent Varlet, Président du Lab e-Santé affirme : Les travaux pertinents du Lab e-Santé montrent encore une fois le besoin de conseil, d’accompagnement voire d’éducation dans la socialisation des outils numériques. C’est ainsi que la vraie prescription de santé mobile pourra trouver tous les bénéfices de cette transformation digitale qui permettra une meilleure prise en charge des patients chroniques sans inflation des coûts”.

  • Santé mobile et connectée : usages, attitudes et attentes des malades chroniques

Une enquête conçue et analysée par le Lab e-Santé, en regard de l’enquête d’avril 2014 portant sur La santé mobile et les professionnels de santé.

Cette enquête, auto-administrée sur le web, s’est déroulée du 20 février au 20 mars 2015 et a été soutenu par Doctissimo, les associations de patients ACS France, AFD 75, ANDAR, Fédération Française des Diabétiques, LMC France, Renaloo, Vivre Sans Thyroïde et les membres du Lab e-Santé.

Parmi l’ensemble des répondants, 2 226 répondants ont été retenus pour l’analyse (personne de 18 ans et plus, résidant en France et touchée par une maladie chronique.).

Résultats complets disponibles sur simple demande : contact@lauma-communication.com

 

  • A propos du Lab e-Santé

Le Lab e-Santé a la volonté de rassembler et d’encourager tous les acteurs de la santé afin de donner de la visibilité au monde « digital santé » en perpétuel questionnement et de produire des positions bienveillantes.

Créée en 2002,
l’association Isidore s’est transformée en Le Lab e-Santé, un groupe de réflexion pour
faire avancer la connaissance des usages, des pratiques et
des freins des outils numériques en santé, aujourd’hui en
plein essor, et d’émettre des recommandations tant auprès des acteurs privés que publics. Pour ce faire, Le Lab e-Santé a élargi la base de ses membres et intégré sous forme de collèges tous les grands acteurs de la communication santé : un collège de professionnels de santé,
un collège de représentants d’associations de patients
et d’accompagnants et les organismes institutionnels en 2014

Plus d’information : www.le-lab-e-sante.fr et @lelabesante

 

[1] Rapport du CREDOC pour le CGEIET La diffusion des technologies de l’information et de la communication dans la société française, 2014

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